C'est une scène familière dans la plupart des ateliers d'héliogravure, et elle mérite qu'on s'y attarde, car un nombre surprenant de problèmes de production commencent exactement là. Une couleur qui dérive au fil du tirage. Des reprises sur des travaux qui auraient dû être bons du premier coup. Des changements de travail qui durent plus longtemps que prévu. Des conducteurs expérimentés qui passent leur poste à frotter au lieu de faire le calage. Des cylindres et des pièces de machine qui s'usent plus vite qu'ils ne le devraient. Du solvant dans l'air autour de la zone de lavage.

On dirait des problèmes distincts. Plusieurs d'entre eux ont pourtant le même point de départ : la manière dont les pièces et les cylindres sont nettoyés entre deux travaux.

 

Une personne à l'évier, et tout le reste attend

Le nettoyage reste souvent en dehors du planning de production au lieu d'en faire partie, sans temps défini ni standard écrit. L'intégrer au planning est un petit changement, mais il a trois effets.

  • Le premier : le nettoyage reçoit un temps défini. Il peut donc être planifié et pris en compte, au lieu d'être estimé à chaque fois.
  • Le deuxième : il reçoit un standard de nettoyage défini, de sorte que le résultat est le même, quelle que soit la personne qui s'en charge.
  • Le troisième est le plus important, et il passe facilement inaperçu. Le nettoyage peut se dérouler en parallèle du reste du changement de travail au lieu de le retarder. Avec un nettoyage manuel, quelqu'un se tient à l'évier, et tant qu'il y est, il ne prépare rien d'autre. Avec un cycle automatique, la machine se charge du nettoyage, ce qui permet à cette personne de travailler en même temps sur le prochain travail.

Voici ce qui se passe lorsque le nettoyage n'obtient pas cette place dans le planning :

Alvéoles bouchées, pièces sales : leurs effets sur l'impression

C'est sur la qualité que le coût est le plus visible, et en héliogravure, tout commence par le cylindre. Lorsque les alvéoles gravées sont partiellement bouchées par de l'encre sèche, elles transfèrent moins d'encre, et rarement de façon régulière. En machine, cela se traduit par des variations de couleur, un manque de détail dans les ombres ou une densité qui ne tient pas. Les alvéoles bouchées sont en outre difficiles à repérer à l'œil nu, si bien que le problème est souvent détecté tard.

Les pièces de machine influencent l'impression de la même manière. L'encre sèche laissée dans un bac ou un seau se retrouve dans le travail suivant.

C'est là l'argument en faveur d'un standard défini. Un cycle automatique donne le même résultat à chaque fois, quelle que soit la personne qui a chargé la machine. Il devient alors possible de définir ce que « propre » signifie et de s'y référer pour contrôler.

Laisser sécher l'encre a un second coût, et c'est l'équipement lui-même qui le supporte. Un cylindre dont l'encre a séché dans les alvéoles demande plus d'efforts pour être nettoyé, et un nettoyage plus agressif risque de rayer le chrome ou d'user les parois des alvéoles. Cela réduit le nombre de fois où le cylindre peut être rechromé et regravé avant que sa remise en état ne soit plus rentable. Il en va de même pour les pièces de machine : l'encre séchée doit être retirée avec plus de force, ce qui peut augmenter le risque de les endommager.

Comment le nettoyage allonge le changement de travail

Ces problèmes de qualité prennent du temps à corriger. Mais le nettoyage prend aussi du temps en amont, et c'est plus difficile à voir.

En héliogravure, les changements de travail sont rarement rapides. Les cylindres sont lourds et précis, et il faut nettoyer en plus tout un jeu de pièces de machine. Ce qui rend ce temps difficile à quantifier, c'est la manière dont il est enregistré : comme une partie du « changement de travail », en un seul chiffre. Après coup, personne ne peut dire combien de temps a été consacré au nettoyage, combien à l'attente et combien était inévitable.

Le bon équipement dépend de ce que vous nettoyez et en quelle quantité. Pour les cylindres, jusqu'à environ 60 par jour, une machine de nettoyage à un ou deux cylindres suffit généralement. Au-delà, une machine de nettoyage multi-cylindres fonctionne comme une ligne continue : les cylindres sont chargés à une extrémité et ressortent propres à l'autre.

Pour les pièces de machine, une machine de lavage de pièces accueille les bacs à encre, les seaux et les autres pièces amovibles dans une seule unité. Des chariots avec grilles coulissantes les transportent directement de la machine d'impression à la machine de lavage, ce qui supprime le portage et la double manutention.

Les chariots d'impression eux-mêmes font partie de ce qu'il y a de plus difficile à nettoyer à la main dans l'atelier, et ils sont généralement laissés à un frottage manuel. Une machine de lavage de chariots accueille le chariot entier : les pièces et les cylindres sont poussés directement dans la machine, et les temps de lavage, etc. sont réglés sur l'unité. Cela supprime l'une des tâches manuelles les plus salissantes de l'atelier et la rend reproductible.

L'emplacement de l'équipement compte aussi. Des postes de lavage placés près de la machine d'impression réduisent les déplacements et le transport à chaque changement de travail.

 

Ce que le nettoyage manuel coûte en heures de conducteurs expérimentés

 

Le temps est un coût. À qui appartient ce temps en est un autre.

Dans de nombreuses régions du monde, les conducteurs expérimentés en héliogravure manquent. Chaque changement de travail passé à frotter des cylindres ou des bacs est du temps qui n'est pas consacré au repérage, à l'ajustement des couleurs ou au dépannage. Il ne s'agit pas de réduire les effectifs : dans la plupart des ateliers, personne n'est en trop. Il s'agit de savoir où vont des heures rares, et à quel point l'activité dépend de quelques personnes expérimentées.

Cette dépendance a un second aspect. Le nettoyage manuel varie d'une personne à l'autre. Si un cylindre ou un bac doit souvent être nettoyé deux fois, cela signifie généralement que « propre » n'a jamais été clairement défini. Un cycle automatique supprime cette variation et accélère la formation des conducteurs, car la méthode est fixée par la machine au lieu d'être apprise auprès de quelqu'un.

Exposition aux solvants et pénibilité physique

Là où le nettoyage se fait aux solvants, une grande partie de l'exposition provient d'une seule tâche : le nettoyage manuel des pièces et des cylindres dans un espace de travail ouvert, plusieurs fois par poste.

Un nettoyage en machine fermée sort ce contact de l'espace de travail ouvert. Il supprime aussi un travail physique répétitif, ce qui compte pour des postes déjà difficiles à pourvoir. Les chariots et les grilles coulissantes réduisent en outre une partie des manutentions.

Certains liquides permettent de réduire encore l'exposition. Flexo Wash fournit des liquides à faible teneur en COV et sans COV, et des options sans solvant sont également disponibles. Un système sans solvant peut en outre être installé à côté de la machine d'impression, sans le coût ni l'espace d'une salle ATEX. Le bon mode de nettoyage dépend toutefois de chaque entreprise.

Par où commencer

Le nettoyage intervient à plus d'endroits que le planning ne le laisse penser. Il influence :

  • ce qui sort de la machine.
  • la durée d'un changement de travail.
  • ce à quoi vos conducteurs expérimentés consacrent leur poste.
  • la durée de vie des cylindres et des pièces, ainsi que les produits chimiques auxquels sont exposées les personnes qui les nettoient.

Il peut sembler difficile de savoir par où commencer, mais la première étape utile ne coûte rien. Passez un poste dans l'atelier et, chaque fois que la machine s'arrête, notez la raison en un mot. Chiffrez ensuite votre propre nettoyage : combien de temps prend un cylindre nettoyé à la main dans votre zone de lavage, combien de temps prend un jeu complet de pièces de machine, et combien de changements de travail vous effectuez par semaine.

Vous obtenez ainsi un chiffre pour votre propre activité plutôt qu'une moyenne du secteur. C'est ce chiffre qu'il faut avoir avant de décider quoi changer.

En résumé

 
 
 
 

Plusieurs des problèmes évoqués dans cet article reviennent à la même chose : le nettoyage a lieu, mais il n'est pas planifié. Il n'a ni temps défini ni standard de nettoyage défini, et il retarde souvent le reste du changement de travail pendant que quelqu'un se tient à l'évier.

En faire une étape planifiée change la donne. Un équipement automatique, adapté au nombre de cylindres et de pièces de machine que vous nettoyez, donne au nettoyage un temps défini et le même résultat, quelle que soit l'équipe en poste. Il fonctionne pendant que les conducteurs préparent le travail suivant. Il sort le nettoyage manuel de l'espace de travail ouvert. Et un nettoyage régulier empêche l'encre sèche de s'accumuler sur les cylindres et les pièces.

Flexo Wash conçoit des systèmes de nettoyage pour les cylindres d'héliogravure et les pièces de machine, ainsi que les liquides qui les accompagnent. Contactez-nous pour discuter de ce qui conviendrait à votre volume et à votre organisation de travail.